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Je suis sûrement un peu philosophe. Mais alors c'est tout à fait par hasard. Journaliste aussi, quelque part ? Mais alors juste pour le côté indépendance d'esprit, absence de militantisme, défaut de clocher, insensibilité chronique à toute forme de propagande.
Mes petits cris poussés parfois ici (sous la forme écrite) ne sont que des états d'âme ponctuels et totalement personnels, des instantanés, sujets (ou pas d'ailleurs) à discussion.
Mais absolument pas des préceptes ! Oula non alors.
Mes dessins tiennent bien davantage de l'expression directe, profonde, pas corrompue par la pensée. Oui, ça fait drôle de le dire comme ça "corrompu par la pensée". Un ami cher (et philosophe indubitable) m'en faisait la remarque. Pourtant je persiste et je revendique. Il y a dans le trait quelque chose d'animal, d'instinctif qui échappe à la pensée et qui fait de l'auteur le premier spectateur.
La pensée corrompt l'instinctif, là dans l'instant.
Elle a fait le boulot en amont, bien sûr. Elle a configuré. Elle pourra vérifier en aval aussi, analyser, expliquer, décliner, savourer, jubiler. Mais l'instant pur, en tout acte, l'instant d'amour, se fout bien de la pensée.
Heureux les simples en esprit : ils ne se posent pas de questions.
Comme je les envie, parfois ... mais j'ai tort. Il ne faut pas être envieux. On reçoit tous le même salaire, finalement. Que l'on soit froid, brûlant ou tiède, on n'a jamais que ce qu'on mérite. Des douleurs à la hauteur de nos orgasmes.
Bon, ça c'est fait ...
Je voulais parler un peu de Faumont, du printemps de la BD (9ème du nom) qui s'y est tenu début avril et où j'ai eu le plaisir de retrouver des gens un temps perdus de vue et de faire de nouvelles rencontres.
J'aime les petits festivals. Loin des usines à dédicaces où je vois ces "petites mains" de la BD, de jeunes auteurs (ou même d'authentiques "pointures", mais pareillement tenus en laisse par les éditeurs) : "C'est dans le contrat. Tu fais la promo". Je les vois, la mine triste devant la file des fans qui les voyaient sûrement autrement.
A Faumont, on bosse aussi, oui. Mais ça se fait dans la bonne humeur et on rencontre vraiment les visiteurs.
Là, soyez sûrs d'une chose : les artistes sont venus de leur plein gré et leur production est ce qu'il reste en ce bas-monde de libre, de non-conformé, de non-calibré, d'authentiquement dépourvu d'arrière-pensée consumérisante. On a du plaisir. On a bon, comme disent mes amis belges. (Ils y étaient, les adorables Simone et Krèstchan, fidèles au rendez-vous faumontois, invariablement dévolu au premier week-end d'avril).
Ce samedi là, je suis accueilli à la gare d'Orchies par le sourire de Maryline, présidente de l'ARCAF (organisatrice du festival depuis la première édition il y a 9 ans). Trajet en voiture, petit bonjour à maman au magasin d'antiquités et installation dans la salle des fêtes. Marie-Pierre offre le café, les tables sont installées et les grilles se couvrent des oeuvres (planches originales) exposées par l'invité d'honneur : Dino Attanasio. (Bob Morane, Modeste et Pompon, Spaghetti et son frère Pizza ...)
Je retrouve avec plaisir quelques copains confrères : Pascal Serra le jovial Lorrain, Claude Christ le Luxembourgeois, Jean-Pierre et François, les Normands de l'ANBD de Dieppe, Honoré Bonnet le crobarniqueur sportif (entre autres), Maison (le sympathique dessinateur de Tristan) et Tym, le régional de l'étape et mon parrain de festival puisque c'est lui qui me fit l'honneur de m'inviter à mon premier, il y a quelques années ... c'était ici même à Faumont.
Pour ce bon moment passé chez les Ch'tis, j'ai envie de dire merci à tout ce monde. A Tym et Marie-Jo chez qui j'ai bien dormi, à Maryline, Jean-Luc, Marie-Pierre et la joyeuse bande des organisateurs, à mes potes dessineux avec qui on rigole bien, aux visiteurs du Douaisis et d'ailleurs ...
Parmi les exposants, j'ai fait la connaissance d'un sympathique couple de libraires (et forcément de BONS libraires puisque désormais vous y retrouverez aussi les Kros) : Monique et Willy, qui dans leur magasin "Bulles de cristal" proposent des albums, des figurines et plein de choses dans l'univers de la BD, ainsi que des perles de cristal ... tout ça au 2, place du Marché aux Poissons à DOUAI.
Pour être complet sur ce Faumont 2008, j'adresse ici un clin d'oeil amical à Daniel Pecqueur et à son épouse, à Bernard Lefevre, à la famille Regnier et à Jacques de http://bdjack.free.fr/ ...
Quant au dessin du jour (et à celui qui illustrait le dernier billet) ils annoncent le prochain festival auquel je participerai les 24 et 25 mai et dont le thème sera "Mai 68 40 ans après". J'ai nommé (pour sa toute première édition) le Festival de Teloché (près du Mans).
J'en publierai l'affiche (réalisée par Wingz) peu avant ces dates.
Publié par Arawak à 08:46:48 dans EDITORIAL | Commentaires (7) | Permaliens
BÂTONS ROMPUS
Pour m'y sentir bienvenu, chez les Ch'tis, j'ai pas attendu le film.
De là à dire qu'ils sont mieux que les autres ... je me garderais bien de toute discrimination, fût elle "positive". Il n'y a pas de discrimination positive. Dès lors qu'on applique à telle ethnie, telle race ou tel groupe humain une différenciation qualitative, dans un sens ou dans l'autre, on justifie le racisme. Et (bien évidemment) il y a partout des personnes pas fréquentables.
On peut à la rigueur expliquer globalement certaines particularités régionales par une culture, des traditions, une vie "à la dure" qui dans le Nord minier aurait favorisé un climat de solidarité, une forme d'empathie. Sans que cela soit vérifié dans les gènes, on peut admettre, oui, que la transmission d'une "éducation par l'exemple" soit à l'origine de ces caractères généraux.
Mais voyez-vous, je ne suis pas spécialiste de ces questions et je ne me risquerai pas à cette analyse.
Je ne dirai des gens du Nord que ce que j'en ai vu, moi.
J'avais fait le tour des imprimeurs de France, de Navarre et d'ailleurs pour trouver celui qui me permettrait de réaliser un rêve : publier mon premier ouvrage, en faire un bel objet, pas un truc d'amateur. Quelque chose de bien. J'avais écrit un peu partout et reçu une cinquantaine de devis (pas moins). Ayant peu de moyens, je commençais à loucher sérieusement sur les propositions de pays voisins (Espagne, Italie, Belgique) et même sur celles des pays de l'Est, jusqu'à 3 ou 4 fois moins chers que la moyenne française.
Là, tout près, à Paris, j'avais eu un bon prix aussi.
Mais renseignements pris ils faisaient imprimer dans les Balkans et n'étaient que l'intermédiaire qui se faisait du lard sur le dos de slaves (prononcer à l'anglaise) en se positionnant juste comme il faut pour se gaver en restant un peu moins cher... je ne pouvais pas travailler avec ces vautours. Et même pas tellement par principe humaniste, vous savez. Mais quel genre de boulot m'auraient fait des gens si pressés de mégoter ? Hmm ?
Mes recherches, m'ont conduit dans le Nord de la France où se trouvait la plus grande concentration d'artisans relativement pas trop chers pour une qualité correcte. Je suis parti vers Lille et suis resté 2 jours en quête de la perle rare.
Après avoir visité quelques boites sans avoir trouvé vraiment mon bonheur et à deux doigts de rentrer à Paris, j'entre dans un cybercafé pour affiner ma recherche. Sans grande conviction, j'échange quelques mots avec le maître des lieux, tout en consultant les pages jaunes en ligne, quand il me lance : "Un imprimeur qui peut vous faire de la BD ? Attendez, j'ai un copain ... faut que je retrouve sa carte ...". Au bout du 4ème tiroir retourné, il me tend un bout de carton.
C'était la carte de Bruno.
Fallait encore la trouver, l'imprimerie dans ces vieux quartiers de Roubaix où rien ne ressemble davantage à une maison en brique rouge sombre qu'une autre maison en brique rouge sombre.
Réflexe de "Parisien", j'entre chez un commerçant pour demander mon chemin.
Mais c'était quelques jours avant Noël, et le commerçant était un charcutier traiteur avec une file d'attente digne d'un bureau de poste à l'heure de pointe. A peine le temps de me raviser et de ressortir, je suis accueilli par un "bonjour" auquel je réponds (un peu embarrassé) que je cherche mon chemin et que ce n'est sûrement pas le bon moment.
Et là, surprise. L'artisan s'interrompt, me demande le nom de la rue. Ne sachant pas me renseigner, il s'essuie les mains et va chercher un plan de la ville, puis prend le temps de m'orienter : "2ème à gauche, 3ème feu à droite ..." sous l'œil patient et bienveillant de la file de clients. J'étais scié ...
Et puis Bruno, mon pote l'imprimeur.
Mon idée, ma démarche, ça lui plaît. Il m'invite à manger, on discute de mon projet, c'est ok : il va me le faire mon bouquin. Et comme je le veux, cousu et sur du beau papier. Et pas trop cher. C'est son coup de pouce, qu'il me dit.
Ben vous savez quoi ? Bruno ... quand il m'a livré tous mes exemplaires du tome 1 des Kros, je n'avais pas signé le moindre bon de commande, le moindre bon à tirer. J'avais juste été invité à regarder les premiers tirages de la couverture, avant un autre repas offert (mais si, mais si laisse-toi faire Patrick, tu as fait 200 bornes d'autoroute pour venir, tu es mon invité) et les premiers tirages des pages intérieures après ce même repas.
Tout s'était fait au feeling, à la confiance, à l'amitié donnée.
Il a pas besoin de boulot Bruno, sa boite tourne même le week-end et depuis ils ont déménagé pour un atelier plus spacieux dans une ville voisine, avec de nouvelles machines. Faut dire que ça bosse, dans le Nord. En plus.
Voilà ... c'était en quelques lignes le récit de ma première incursion chez les Ch'tis.
La prochaine fois, on y retourne puisque je parlerai de la dernière édition du Printemps de Faumont. Je parlerai aussi d'autre chose, en rapport avec le dessin d'aujourd'hui.
Publié par Arawak à 09:07:13 dans EDITORIAL | Commentaires (2) | Permaliens
Aimé Césaire est décédé aujourd'hui. Il avait 94 ans.
Ce dessin - caricature au crayon réalisée il y a près de 20 ans - a déjà été publié sur le blog, en 2006.
Beaucoup de respect pour vous M. Césaire ...
Publié par Arawak à 13:06:08 dans EDITORIAL | Commentaires (18) | Permaliens
Publié par Arawak à 07:02:23 dans EDITORIAL | Commentaires (14) | Permaliens
Je ressors un vieux dessin, puisque l'actualité récente (la banderole écoeurante déployée par le public du PSG lors du match PSG - Lens) me donne cette triste occasion.
Mais au-delà de la répulsion que m'inspirent les crétins qui l'ont fabriquée, introduite et déployée, je suis encore estomaqué par les réactions molles de nos dirigeants déburnés.
Il n'y a qu'une chose à faire dans un pareil cas.
FERMER LE STADE quoi qu'il en coûte.
Vous verriez, ensuite, à quelle vitesse on trouverait les coupables.
Vous verriez si l'organisation de la sécurité intérieure du stade (et les vrais supporters eux-mêmes) ne se donneraient pas alors les moyens de stopper cette gangrène.
Le manque à gagner, le nerf de la guerre. C'est là-dessus qu'il faut agir.
Au lieu de ça on entend un sous-ministre des sports susurrer qu'il "faudrait peut-être interdire les coupables de stade pendant 3 mois" avant de murmurer "et peut-être définitivement".
On nous prend vraiment pour des imbéciles.
Publié par Arawak à 13:23:20 dans EDITORIAL | Commentaires (20) | Permaliens
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