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LA SAGA DES KROS

Les vraies origines de l'humanité

LES JOLIES COURBES | 01 mars 2007

Voici une autre façon d'aboutir.
Ce n'est plus de l'encrage mais une finition PC.
N'allez surtout pas croire que l'ordinateur fait le boulot. C'est encore du travail manuel.
Il s'agit d'obtenir le lissage des courbes, de chercher des lignes pures, non plus vivantes et spontanées mais douces et froides.
Jouer à fond sur le contraste maximal en éliminant les traits superflus.

Regardez l'ourse.
Particulièrement la ligne qui va de son front à sa patte en passant par le museau.
C'est une simple ligne en " Z " qui fait tout le boulot. Il y a pourtant une perspective, une attitude naturelle qui n'est produite que par cette simple ligne, déjà sur le dessin original, et qui est mise en exergue par la graisse du trait et par le polissage.

L'oeil remplit les vides et recalcule la troisième dimension.

Cette recherche de " l'économie " (tout dire avec le minimum) est une démarche qui en vaut une autre.

Publié par Arawak à 16:59:45 dans EDITORIAL | Commentaires (9) |

DETAIL | 01 mars 2007

La plume

Je travaille à la plume, disais-je. Parce que j'aime ça. L'encre de chine, c'est magique. Juste du noir de fumée et de l'eau ... mais on crée la vie avec ce trois fois rien.
Une plume ou un pinceau. Pinceau de martre pure, au poil bien nerveux qui rend ce qu'on lui donne. Ou une plume équilibrée, souple et précise avec une bonne réserve d'encre et un toucher parfait, sans accroc. Pour essayer une plume, j'écris simplement avec.
Pour la plume, comme pour le pinceau, une longue pratique est nécessaire pour vraiment maîtriser l'outil.
Une plume ça vit, ça se " fait ", ça peut se repointer au cutter " tchak, tchak " et on la change toujours à regret quand elle est devenue trop vieille.

La plupart des dessinateurs aujourd'hui travaillent au feutre fin ou moyen, ou avec des " feutres pinceaux " très pratiques (comme le GFKP de Pentel).
Mais j'avoue une préférence pour le toucher d'une bonne plume anglaise et la noblesse du trait qu'elle laisse. J'utilise une Leonardt 256.

L'ourson représenté ci-dessus est exécuté d'un trait. Les gras et les maigres du trait viennent du rapport de la pression et de l'encre embarquée.
Quand on grossit l'image, on voit toutes les imperfections, la " vie " du dessin que ne saurait rendre un feutre. Du moins pas de la même façon.

Et la gomme ?

Important la gomme. J'en ai parlé déjà. La gomme c'est l'œil. La critique. Le refus de dire oui trop vite. La remise en question. Pas éternellement. Juste ce qu'il faut pour savoir qu'on a choisi. Pas d'Art sans Liberté.
Parce qu'il y a d'abord un cri, un premier jet où on se lâche, pour que jaillisse quelque chose de vrai.
La pépite. Ensuite, on façonne cet objet brut. On le travaille, on l'épure, on l'affine.

J'utilise une gomme mie de pain. J'en ai acheté plusieurs petites et j'ai fait une boule avec.
La gomme mie de pain, c'est un peu comme de la pâte à modeler, sauf que quand on en fait une boule et qu'on la lâche au sol, ça rebondit. Quand ça fait " bong " c'est de la gomme mie de pain, quand ça fait " platch " c'est de la pâte à modeler.
C'est surtout moins agressif que les gommes " plastic " courantes, et plus efficace sur le pastel ou le crayon de couleur, tout en restant efficace pour le crayon noir et moins " violent " avec le papier. Les noirs d'encre restent ainsi bien noirs.
En plus on peut l'utiliser comme une gomme classique ou comme un tampon, lui donner la forme qu'on veut pour les corrections larges ou fines.
Enfin, ça ne fait pas de miettes ...

Publié par Arawak à 10:14:53 dans EDITORIAL | Commentaires (12) |