Il faut lire, relire, offrir ... le Petit Prince de St-Exupéry.
Pour 5 ou 6 euros (il existe en édition économique chez Folio avec les dessins de l'auteur) vous ferez un heureux.
Dire ce que j'y trouve serait forcément réducteur, car ce tout petit bouquin est un très grand livre.
Il ne contient aucun mot de trop. Il n'en manque aucun non plus.
C'est sûrement (avec mes albums) le livre que j'ai le plus souvent offert, avec à chaque fois le sentiment d'avoir donné plus qu'un livre.
Faites ce geste. Dérangez quelqu'un ... comme le petit prince dérangea l'aviateur qui était pourtant occupé à une chose très sérieuse : réparer son avion en panne en plein désert.
"Dessine-moi un mouton !"
Rappelez-vous les vains efforts de l'adulte pour contenter ce petit garçon qui n'était jamais satisfait du résultat, jusqu'à ce qu'il dessine une caisse et lui dise : "le mouton que tu veux est dedans". Cet acte contient déjà le message de l'oeuvre : "L'essentiel est invisible pour les yeux. On ne voit bien qu'avec les yeux du cœur."
Le petit prince n'est pas un livre pour enfant. Même s'il l'est aussi.
Ce n'est pas non plus un ouvrage "dégoulinant de bons sentiments" (comme lâchait ici un jour à propos de ce blog un vague "bof" plein de tiédeur). Non.
Vous n'y trouverez pas de valeurs à deux balles comme cette fameuse "tolérance" qu'agitent mollement comme un drapeau tout neuf ceux qui ne sont plus capables d'amour et de colère. Il est rempli de tout ce qui fait la grandeur de l'Homme. Ses forces et ses faiblesses, ses questions. Il est puissant et plein d'humour.
Un vrai livre, un bon livre, un grand livre ... c'est un livre qu'on peut relire à différents âges en y découvrant des choses nouvelles ou bien en ranimant des choses anciennes qu'on avait oubliées.
C'est tout le sens de cet ouvrage, pure merveille de la littérature qui nous régale et nous émeut avant même les premières lignes, dès la dédicace "à Léon Werth, quand il était petit garçon".
Extrait :
Les grandes personnes aiment les chiffres. Quand vous leur parlez d'un nouvel ami, elles ne vous questionnent jamais sur l'essentiel. Elles ne vous disent jamais : "Quel est le son de sa voix ? Quels sont les jeux qu'il préfère ? Est-ce qu'il collectionne les papillons ?" Elles vous demandent : "Quel âge a-t-il ? Combien a-t-il de frères ? Combien pèse-t-il ? Combien gagne son père ?" Alors seulement elles croient le connaître.
Si vous dites aux grandes personnes : "J'ai vu une belle maison en briques roses, avec des géraniums aux fenêtres et des colombes sur le toit ..." elles ne parviennent pas à s'imaginer cette maison. Il faut leur dire : "J'ai vu une maison de cent mille francs." Alors elles s'écrient : "Comme c'est joli !"
Publié par Arawak à 04:04:48 dans EDITORIAL | Commentaires (39) | Permaliens