Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog jeux flash

LA SAGA DES KROS

Les vraies origines de l'humanité

QUE CHOISIR ? | 22 novembre 2006





DES NOUVELLES

Vos remarques aux deux derniers dessins sont très intéressantes, parfois inattendues. Par exemple, je n'avais pas du tout pensé à l'idée d'une séquence en deux images. Mais c'est vrai que l'effet obtenu est étonnant. Ce qui montre bien que pour qu'il y ait création, il faut être deux, et que celui qui lit apporte quelque chose.

Je me rappelle d'une expo de toiles et de dessins que j'avais faite en 1990 au Centre des Arts de Pointe-à-Pitre. A un visiteur me demandant ce que j'avais voulu dire par tel dessin, j'avais osé répondre que c'était son tour de bosser, et de me dire ce que lui y voyait. Le raccourci était brutal mais il exprime bien le désir d'échange, c'est à dire de retour.

C'est pourquoi je suis attentif à vos remarques.
Mais tout de même, je vais jouer le jeu et vous donner mon avis à la question posée.

Au premier coup d'oeil on voit bien que les deux images ci-dessous sont très différentes.
Lorsque les bulles sont absentes, il faut que le dessin soit plus expressif.

Sur l'image en couleurs l'effet comique est produit essentiellement par cette opposition entre le modèle et le résultat sur le tableau.
Et les bulles sont utiles : si vous les supprimez ici, rien ne vous autorise à penser que cette femme est le modèle du peintre. Elle peut n'être qu'en visite chez l'artiste. Le bâton, point commun entre elle et l'image du tableau, ne suffit pas à la compréhension immédiate du dessin.
Il s'agissait en outre de présenter le personnage d'Arlette dans sa dimension caractérielle.
Le texte (incluant la réponse du peintre) indique clairement
1) - qu'elle est bien le modèle du tableau
2) - qu'elle n'est pas commode.
Au sujet du texte, c'est le "je fatigue" qui donne l'indication principale.
Si j'avais écrit : "ça me fatigue de tenir la pose", c'était trop lourd, trop "expliqué"
Mais j'aurais pu écrire : "Je peux faire une pause entre deux poses ?" et supprimer l'autre bulle.

Sur l'image en noir et blanc l'effet comique va plus loin.
Il réside déjà dans l'attitude d'Arlette. Elle affecte un air altier, détaché.Il y a de la noblesse dans cette posture. Toute une dimension théatrale. Le visage tourné vers un ailleurs lointain, les paupières closes, le bras moins tendu, faussement relâché, le bâton tenu du bout des doigts, l'auriculaire façon " tasse de thé " qui ajoute à la grâce de l'ensemble, accentuant le contraste avec une morphologie qui ne s'y prête pas de façon évidente.
Et là, bien sûr, plus aucun doute : elle est le modèle.

Ma préférence d'auteur va au dessin en noir, pour le chemin supplémentaire qu'il m'a fallu accomplir et la satisfaction que j'en retire. Mais aussi pour la plus grande latitude qu'il laisse, la plus grande participation qu'il offre à ceux qui le regardent.
Le "sans parole" pour un auteur de dessin d'humour, est un aboutissement.
Dans la BD, les phylactères (bulles) sont indispensables bien sûr. (même si dans l'absolu quelques exercices de style absolument sans parole ont été tentés avec plus ou moins de bonheur. Mais il vaut mieux s'appeler BARBE ...)

PLUS PRES MAINTENANT (image du jour)

Les Kros sont des personnages aux formes simples, très épurées. Le travail qui consiste à les rendre expressifs par la posture est d'autant plus intéressant. Si on revient à la comparaison entre les deux images, mais en s'occupant à présent d'Auguste (le peintre), on peut faire le même constat. Il est moins expressif dans la version en couleurs. La bulle : " ... presque, presque ... " donne une indication sur la concentration de l'artiste au travail. Si on supprime cette bulle, il faut travailler sur l'attitude, pour qu'on y lise la même chose.
Ainsi, la langue est sortie (le dessin d'humour permet des raccourcis énormes : que fait la bouche à cet endroit ...) et la main qui tient le pinceau montre un geste plus délicat, un toucher de pinceau léger.

Tout le corps est légèrement tordu en " s " et sans voir le mouvement, on devine le moment où il a chargé le pinceau sur sa palette. Le buste un peu en arrière et la tête plus droite soulignent à la fois le recul et l'attention.

Il existe, pour celui qui dessine, deux phases.
L'écriture et la lecture. L'art et la critique. Le crayon et la gomme.
Il n'est pas rare que je commence à comprendre mon dessin et à pouvoir l'expliquer après l'avoir fini, en le regardant en spectateur. Deuxième plaisir.

UNE CHOSE, AUSSI

Merci encore à celles et ceux qui s'expriment. Les mots que je lis ici sont de vraies récompenses. Les Kros existent grâce à ceux qui les suivent. Ils évolueront parce qu'ils sont encore très jeunes.
La création, la rédaction d'un numéro 3, ça me manque bien sûr. Les idées sont là. Mais vous l'avez compris, c'est quand même l'aventure et je dois penser à communiquer, à dire, à montrer, à étendre un peu l'auditoire, à faire ma promo sur les marchés, salons et festivals.

Lorsque je m'y consacre, je ne suis plus à mes planches, ni à d'autres travaux qui comme elles réclament un peu d'isolement, un retour aux " cavernes obscures " ...
Ce métier comporte beaucoup de facettes, surtout quand on veut être libre dans l'expression de l'art. Il faut alors accepter de l'être un peu moins dans la gestion du temps, et le rythme de mes publications internautiques s'en trouve affecté.

C'est d'ailleurs le temps venu d'une (petite) pause web.
Mais je posterai toujours (plus ou moins régulièrement) sur des sujets d'actu, ou sur des thèmes plus intemporels, et aussi sur la raison d'être de ce blog : les Kros.

Merci.
A bientôt ...

Publié par Arawak à 09:11:11 dans EDITORIAL | Commentaires (7) |